À retenir
- L'Alsace compte 119 700 salariés dans l'industrie (secteur marchand) : 74 171 dans le Bas-Rhin et 45 529 dans le Haut-Rhin (CCI Alsace Eurométropole, édition 2025). Détail des périmètres sur l'emploi industriel alsacien.
- L'industrie pèse 17 % des emplois en équivalent temps plein du Grand Est en 2022, contre 13 % en France métropolitaine : la région est nettement plus industrielle que la moyenne nationale (source : INSEE Analyses Grand Est n°195, 2022).
- Le Grand Est génère 27 milliards d'euros de valeur ajoutée industrielle (19 % de l'économie régionale) et concentre environ 10 % de la valeur ajoutée industrielle française (source : Bpifrance Le Lab, 2023).
- En 2024, dix sites industriels ont ouvert ou se sont étendus en Alsace, et France 2030 a soutenu 511 projets dans le Grand Est depuis 2022 (149 dans le Bas-Rhin, 35 dans le Haut-Rhin), source : Imagine Alsace, 2024.
Pourquoi tant de chiffres « Grand Est » plutôt qu'« Alsace » ? Depuis la réforme territoriale de 2016, l'Alsace n'a plus de statistiques régionales propres : l'INSEE et les douanes publient désormais l'essentiel de leurs séries à l'échelle du Grand Est (Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine). Nous indiquons donc systématiquement le périmètre de chaque donnée, Grand Est, Alsace, Bas-Rhin ou Haut-Rhin, et privilégions les chiffres alsaciens (sites, investissements) quand ils sont disponibles et sourcés. L'Alsace a perdu sa région, pas son droit local du travail, qu'elle partage avec la Moselle. Les effectifs salariés de l'industrie, eux, existent bien à l'échelle alsacienne et départementale : nous les détaillons sur la page emploi industriel en Alsace. Voir l'encadré méthodologie en bas de page.
Le poids de l'industrie dans le Grand Est
Le Grand Est est l'une des régions les plus industrielles de France. L'industrie y représente une part de l'emploi et de la valeur ajoutée nettement supérieure à la moyenne nationale, ce qui explique la densité du tissu de PME et d'ETI manufacturières, et l'enjeu de leur modernisation.
| Indicateur | Valeur | Périmètre | Année |
|---|---|---|---|
| Part de l'industrie dans l'emploi en équivalent temps plein | 17 % (vs 13 % en France métropolitaine) | Grand Est | 2022 |
| Valeur ajoutée du secteur industriel | 27 Md€ (19 % de l'économie régionale, +3 pts vs France) | Grand Est | 2023 |
| Part dans la valeur ajoutée industrielle totale de la France | ≈ 10 % | Grand Est | 2023 |
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Sources : INSEE Analyses Grand Est n°195 (2022) pour la part de l'emploi ; Bpifrance Le Lab / INSEE (2023) pour la valeur ajoutée. Données à l'échelle Grand Est : l'Alsace en représente une part importante mais non isolée dans ces séries.
Le commerce extérieur du Grand Est
Région frontalière et exportatrice, le Grand Est figure parmi les premières régions exportatrices françaises. Côté alsacien, le Rhin reste une voie d'export : le port autonome de Strasbourg y a transporté 5 798 457 tonnes en 2025 (Port autonome de Strasbourg, 2026). En 2024, sa balance commerciale est redevenue positive, signe de la vitalité de son appareil productif malgré un repli des exportations.
| Indicateur | Valeur | Périmètre | Année |
|---|---|---|---|
| Exportations régionales | 67,6 Md€ (−5,8 % vs 2023), 4e rang des régions exportatrices françaises | Grand Est | 2024 |
| Balance commerciale | Positive, à plus de 4,2 Md€ | Grand Est | 2024 |
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Source : Douanes / CCI Alsace Eurométropole, via Matot Braine (2024). Le 4e rang place le Grand Est derrière l'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France. Ces montants couvrent l'ensemble du Grand Est ; la part spécifiquement alsacienne n'est pas isolée dans les séries douanières publiées.
Les travailleurs frontaliers
La position de l'Alsace, au contact direct de l'Allemagne et de la Suisse, façonne son marché du travail : une part importante des actifs traverse chaque jour la frontière, attirée notamment par les salaires suisses. Ce voisinage met aussi les usines alsaciennes en concurrence directe avec les industries les plus avancées d'Europe pour attirer et retenir les compétences. Au 30 juin 2026, 43 162 résidents d'Alsace travaillaient en Suisse, selon notre extraction des données de l'Office fédéral de la statistique, détaillée dans le dossier frontaliers alsaciens et industrie. Conséquence concrète pour le recrutement : voir les métiers industriels en tension.
| Indicateur | Valeur | Périmètre | Année |
|---|---|---|---|
| Habitants occupant un emploi salarié dans un pays frontalier (Belgique, Allemagne, Luxembourg, Suisse) | 202 000 sortants pour ≈ 3 480 entrants (1 entrant pour ~60 sortants) | Grand Est | 2022 |
| Frontaliers vers la Suisse concentrés à Bâle (Bâle-Ville et Bâle-Campagne) | 32 000 personnes (8 frontaliers suisses du Grand Est sur 10) | Grand Est | 2018 |
| Écart de salaire moyen d'un salarié du Haut-Rhin travaillant en Suisse (cantons de Bâle) | × 2,6 par rapport aux non-frontaliers | Haut-Rhin | Salaires 2019-2020 |
| Frontaliers étrangers titulaires d'un permis G en Suisse, dont 57,0 % résidant en France (229 263) | 402 394 (fin juin 2024, OFS) ; BFC Industries publiait ≈ 399 000, dont 59,5 % en France | Suisse / France | 2024 |
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Sources : INSEE Flash Grand Est n°110 (2022) pour les flux entrants/sortants ; INSEE Analyses Grand Est n°144 (2018) pour Bâle ; INSEE via France 3 Grand Est pour l'écart de salaire (INSEE Flash n°110, salaires 2019 et 2020) ; Office fédéral suisse de la statistique (statistique des frontaliers, 2e trimestre 2024) pour le permis G, et BFC Industries (2024) pour le chiffre publié à l'époque.
Le voisin allemand
En 2024, l'Allemagne compte 449 robots industriels pour 10 000 salariés, contre 195 en France (IFR World Robotics 2025, communiqué du 8 avril 2026).
Les investissements industriels récents en Alsace (2024-2026)
Loin d'une désindustrialisation, l'Alsace enregistre des investissements industriels majeurs. Ces opérations, recyclage, machines, automobile, sécurité électrique, santé, illustrent la confiance des groupes dans le territoire et le besoin d'usines plus modernes, plus automatisées et plus décarbonées. La chimie suit : le 12 juin 2025, BASF a démarré à Chalampé, sur la plateforme chimique de Butachimie, une unité d'hexaméthylènediamine de 300 M€ (BASF, 2025).
La manufacture de cristal est à Wingen-sur-Moder, Lalique.
La céramique sanitaire a un site à Bischwiller, Duravit.
Une société De Dietrich est installée à Zinswiller, distincte de la thermique de Mertzwiller.
La scierie Siat est à Urmatt.
| Site / projet | Commune | Investissement | Détail | Année |
|---|---|---|---|---|
| Constellium, centre de recyclage d'aluminium | Neuf-Brisach (Biesheim, 68) | 130 M€ | Inauguré le 17 septembre 2024 ; ≈ 100 emplois ; +130 000 t de capacité de recyclage pour le site, soit jusqu'à +75 % ; les 735 000 t/an annoncées le même jour sont la capacité de recyclage mondiale du groupe ; subvention France Relance, montant non publié par Constellium | 2024 |
| Liebherr-EMtec Nambsheim, usine d'assemblage de cabines | Nambsheim (68), zone EcoRhéna, bassin de Colmar | plus de 100 M€ | Première pierre le 23 juin 2026 ; plus de 200 emplois ; mise en service début 2028. L'annonce de juin 2023 prévoyait 170 M€, plus de 300 emplois et une ouverture en 2025 | 2026 |
| Stellantis, production de 3 nouveaux véhicules électriques et hybrides (segment C) | Mulhouse (68) | 400 M€ (sur ≈ 1 Md€ en France) | Officialisé le 2 juin 2026 pour une production à partir de 2029 ; le reste va à la R&D (500 M€) et aux autres sites (100 M€) ; usine de 4 000 à 4 700 salariés selon les sources, dont 4 500 selon L'Argus (≈ 125 000 véhicules produits en 2025) | 2026 |
| Socomec, nouvelle usine sur le site historique | Benfeld (67) | 45 M€ | Travaux annoncés pour un démarrage en juin 2026, mise en service fin 2027 ; groupe familial d'environ 1 400 personnes en Alsace (CA 2025 de 997 M€, sous audit) | 2026 |
| Lilly France, extension du site d'injectables de Fegersheim, « site phare » du groupe selon Lilly | Fegersheim (67) | 160 M€ | Après 400 M€ déjà investis sur les cinq années précédentes ; 1 200 collaborateurs en Alsace selon Le Journal des Entreprises, un peu plus de 1 100 selon Traces Écrites News | 2023 |
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Sources : Constellium et Le Journal des Entreprises (2024) ; Liebherr (2023) et Liebherr (2026) ; L'Argus (2026) ; Le Journal des Entreprises (2026) ; Le Journal des Entreprises et Traces Écrites News (2023). Voir le détail par secteur sur la page Filières industrielles.
Le soutien public à l'industrie
Le plan France 2030 est doté de 54 milliards d'euros. Les montants et projets déjà soutenus en Alsace et dans le Grand Est figurent ci-dessous.
| Indicateur | Valeur | Périmètre | Année |
|---|---|---|---|
| Projets soutenus par France 2030 depuis 2022 | 511 (dont 149 dans le Bas-Rhin et 35 dans le Haut-Rhin) | Grand Est | 2024 |
| Projets industriels structurants financés par le Fonds vert | 9 projets, 98 M€ d'investissement | Alsace | 2024 |
| Sites industriels ayant ouvert ou s'étant étendus | 10 sites | Alsace | 2024 |
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Source : Imagine Alsace (État / France 2030, 2024). Pour le détail des aides mobilisables aujourd'hui (France 2030, Bpifrance, Région Grand Est, crédits d'impôt, ADEME), voir la page Aides & financements.
Ce que disent ces chiffres, en une phrase : l'industrie alsacienne pèse 119 700 salariés marchands, exporte via le Grand Est et investit (Stellantis, Liebherr, Constellium, Socomec, Lilly). Le détail des trois stocks d'emplois est sur l'emploi industriel. Le facteur limitant n'est ni la technologie ni les financements, mais un partenaire qui livre en production.
Questions fréquentes
L'industrie pèse-t-elle plus lourd dans le Grand Est qu'ailleurs en France ?
Oui. L'industrie représente 17 % des emplois en équivalent temps plein du Grand Est en 2022, contre 13 % en France métropolitaine. La région génère 27 milliards d'euros de valeur ajoutée industrielle, soit 19 % de son économie régionale, et concentre environ 10 % de la valeur ajoutée industrielle française.
Pourquoi cette page cite-t-elle des chiffres Grand Est plutôt qu'Alsace ?
Depuis la réforme territoriale de 2016, l'Alsace n'a plus de statistiques régionales propres : l'INSEE et les douanes publient désormais l'essentiel de leurs séries à l'échelle du Grand Est. Nous indiquons donc systématiquement le périmètre de chaque donnée, et nous ne présentons jamais un chiffre Grand Est comme un chiffre proprement alsacien.
Combien le Grand Est exporte-t-il ?
Les exportations du Grand Est atteignent 67,6 milliards d'euros en 2024, en repli de 5,8 % sur un an, ce qui place la région au quatrième rang des régions exportatrices françaises, derrière l'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France. Sa balance commerciale est redevenue positive, à plus de 4,2 milliards d'euros.
Combien d'habitants du Grand Est travaillent dans un pays frontalier ?
En 2022, 202 000 habitants du Grand Est occupaient un emploi salarié en Belgique, en Allemagne, au Luxembourg ou en Suisse, pour environ 3 480 entrants, soit un entrant pour une soixantaine de sortants. Sur les salaires de 2019 et 2020, un salarié du Haut-Rhin travaillant dans les cantons de Bâle gagnait en moyenne 2,6 fois plus qu'un non-frontalier.
Quels investissements industriels récents ont été annoncés en Alsace ?
Quatre opérations majeures : Stellantis à Mulhouse, avec 400 millions d'euros sur environ 1 milliard annoncé en France le 2 juin 2026, pour une production à partir de 2029 ; Liebherr à Nambsheim, plus de 100 millions d'euros et plus de 200 emplois pour une usine de cabines attendue début 2028 ; Constellium à Neuf-Brisach, 130 millions d'euros pour un centre de recyclage inauguré en 2024 ; et Socomec à Benfeld, 45 millions d'euros pour une mise en service fin 2027.