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Industrie en Alsace · mise à jour du 24 septembre 2026

Emploi

L'Alsace compte 119 700 salariés industriels (CCI 2025), 123 257 (DREETS) ou 117 592 (ADIRA)

Quatre stocks, quatre périmètres : secteur marchand (CCI, édition 2025), emploi salarié total (DREETS/INSEE, 4e trimestre 2024), secteur concurrentiel (ADIRA, 1er trimestre 2026) et privé GS1 Urssaf (118 290 au 31/12/2025). Cette page explique pourquoi ils divergent.

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Sur cette page
  1. Combien d'emplois industriels compte l'Alsace ?
  2. Quelle part l'industrie pèse-t-elle dans l'emploi alsacien ?
  3. Comment l'emploi industriel alsacien a-t-il évolué en dix ans ?
  4. Les six zones d'emploi alsaciennes
  5. Quelles filières industrielles emploient le plus en Alsace ?
  6. Pourquoi les industriels alsaciens peinent-ils à recruter ?
  7. Ce que ces chiffres changent pour un dirigeant industriel alsacien
  8. Questions fréquentes

À retenir

  • Quatre stocks, quatre périmètres : 119 700 (CCI, secteur marchand, édition 2025), 123 257 (DREETS/INSEE, 2024 T4), 117 592 (ADIRA/Urssaf, 2026 T1) et 118 290 (Urssaf open data, privé 67+68 au 31/12/2025). Ils ne comptent pas la même chose.
  • Par zone d'emploi au 31/12/2025 (Urssaf) : Colmar 13 704 salariés industriels privés (−3,6 % en dix ans) ; Sélestat est la 2e zone la plus industrielle du Grand Est (34,9 %, +9,9 %) ; Mulhouse perd 4 182 postes, dont 71 % dans l'automobile.
  • Le Haut-Rhin est plus industriel en proportion (22,2 % de ses emplois marchands contre 19,3 % dans le Bas-Rhin), mais le Bas-Rhin concentre les volumes : six emplois industriels alsaciens sur dix s'y trouvent.
  • Sur dix ans, l'emploi industriel a reculé de 1,2 % dans le Bas-Rhin mais de 10,9 % dans le Haut-Rhin, contre 7,4 % dans l'ensemble du Grand Est (DREETS Grand Est, 2014 T4 → 2024 T4).
  • La rupture est sectorielle, pas territoriale : le matériel de transport perd 17,7 % de ses effectifs dans le Bas-Rhin et 40,8 % dans le Haut-Rhin, quand les équipements électriques, ceux de Hager à Obernai par exemple, et les machines gagnent 8,4 % dans le Bas-Rhin.
  • Le frein principal est la main-d'œuvre : 48 % des projets de recrutement de l'industrie sont jugés difficiles au niveau national, contre 43,8 % tous secteurs confondus (France Travail, BMO 2026).
Apprenti et opérateur sur une ligne de production de bretzels dans une usine agroalimentaire

Combien d'emplois industriels compte l'Alsace ?

L'Alsace n'a pas un chiffre d'emploi industriel : elle en a plusieurs, publiés sur des périmètres distincts. Un journaliste ira à la CCI et reprendra 119 700. Cette page croise ce stock avec les sources DREETS, ADIRA et Urssaf open data, puis détaille les six zones d'emploi alsaciennes.

Source Périmètre Millésime Effectif
CCI Alsace Eurométropole Secteur marchand Édition 2025 119 700
DREETS Grand Est (INSEE, Urssaf, Dares) Emploi salarié total (somme Bas-Rhin + Haut-Rhin) 4e trimestre 2024 123 257
ADIRA (Urssaf-Acoss) Secteur concurrentiel 1er trimestre 2026 117 592
Urssaf (open data, 67 + 68) Secteur privé, grand secteur Industrie (GS1), hors intérim 31 décembre 2025 118 290

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Ces chiffres ne se contredisent pas. Le secteur concurrentiel repris par l'ADIRA est plus étroit que le secteur marchand de la CCI. Le secteur marchand de la CCI est lui-même plus étroit que l'emploi salarié total de l'INSEE, qui inclut la fonction publique. Le total Urssaf open data 118 290 (Bas-Rhin 73 219 + Haut-Rhin 45 071, GS1 Industrie, fin 2025) est un quatrième périmètre : privé, régime général, hors intérim, hors MSA. Les millésimes ne coïncident pas : édition 2025 pour la CCI, fin 2024 pour la DREETS, premier trimestre 2026 pour l'ADIRA, 31 décembre 2025 pour l'Urssaf open data. La ligne « Alsace » de la DREETS n'existe pas dans la publication : 123 257 est la somme des deux départements. Le tableau ci-dessous détaille la répartition CCI, la plus fine disponible par département.

Secteur Bas-Rhin Part Haut-Rhin Part Alsace Part
Industrie74 17119,3 %45 52922,2 %119 70020,3 %
Services172 75545,0 %79 54038,8 %252 29542,9 %
Commerce65 75317,1 %37 37018,2 %103 12317,5 %
Bâtiment et travaux publics28 8137,5 %17 4658,5 %46 2787,9 %
Cafés, hôtels, restaurants26 0666,8 %16 9118,3 %42 9777,3 %
Intérim16 1974,2 %8 0313,9 %24 2274,1 %
Total383 755100 %204 846100 %588 601100 %

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Source : CCI Alsace Eurométropole, Chiffres-clés Alsace, Bas-Rhin et Haut-Rhin (édition 2025). Effectifs du secteur marchand. Consulté en septembre 2026.

Quelle part l'industrie pèse-t-elle dans l'emploi alsacien ?

L'industrie représente un emploi salarié marchand sur cinq en Alsace (20,3 %), une proportion nettement supérieure à la moyenne française. Le contraste entre les deux départements est le premier enseignement de ces données : le Haut-Rhin est plus spécialisé (22,2 % de ses emplois marchands sont industriels), tandis que le Bas-Rhin concentre les volumes, ses 74 171 salariés industriels représentent près de 62 % de l'emploi industriel alsacien.

Rapportée à l'emploi salarié total, fonction publique comprise, la part est mécaniquement plus faible : 15,9 % dans le Bas-Rhin et 17,3 % dans le Haut-Rhin au 4e trimestre 2024, contre 15,4 % dans l'ensemble du Grand Est. Cette dernière comparaison est celle qui compte : les deux départements alsaciens restent plus industriels que la région à laquelle ils appartiennent, et le Grand Est est lui-même l'une des régions les plus industrielles de France, avec 17 % de ses emplois en équivalent temps plein dans l'industrie contre 13 % en France métropolitaine.

Une précision de méthode s'impose : l'intérim est compté à part dans la statistique du secteur marchand (24 227 salariés en Alsace). Or une partie substantielle de ces intérimaires travaille en usine. Le poids réel de l'industrie dans l'emploi alsacien est donc supérieur à 20,3 %, les données publiques ne permettent pas de le chiffrer précisément. Le détail des autres indicateurs régionaux figure sur notre page chiffres clés de l'industrie en Alsace.

Sources : [7] CCI Alsace Eurométropole (édition 2025) pour le secteur marchand ; [8] DREETS Grand Est, portraits de territoires 2025 (données 2024) pour l'emploi salarié total ; [14] INSEE Analyses Grand Est n°195 (données 2022) pour la comparaison nationale. Consulté en septembre 2026.

Comment l'emploi industriel alsacien a-t-il évolué en dix ans ?

Entre fin 2014 et fin 2024, l'emploi salarié industriel alsacien a reculé d'environ 5 %, deux fois moins vite que dans l'ensemble du Grand Est (−7,4 %). Mais cette moyenne masque un écart considérable entre les deux départements : le Bas-Rhin a quasiment tenu ses positions (−1,2 %) quand le Haut-Rhin perdait plus d'un emploi industriel sur dix (−10,9 %).

Territoire Fin 2014 Part de l'emploi salarié Fin 2024 Part de l'emploi salarié Évolution
Bas-Rhin77 90417,5 %76 93215,9 %−1,2 %
Haut-Rhin51 97919,9 %46 32517,3 %−10,9 %
Alsace (somme des deux départements)129 883n. d.123 257n. d.−5,1 %
Grand Est330 81617,1 %306 32115,4 %−7,4 %
Recul de l'emploi industriel entre fin 2014 et fin 2024 : Bas-Rhin, Haut-Rhin et Grand Est Barres horizontales. Bas-Rhin : −1,2 %. Haut-Rhin : −10,9 %. Grand Est : −7,4 %. Échelle de 0 à 12 % de recul. Bas-Rhin −1,2 % Haut-Rhin −10,9 % Grand Est −7,4 % 0 4 % 8 % 12 % Recul

Le tableau voisin en est l'alternative textuelle complète.

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Source [8] : DREETS Grand Est, portraits de territoires 2025 (Bas-Rhin et Haut-Rhin), d'après les estimations d'emploi de l'INSEE, de l'Urssaf et de la Dares (données du 4e trimestre 2014 au 4e trimestre 2024). La ligne « Alsace » est la somme des deux départements, calculée par nos soins : elle n'est pas publiée telle quelle par la DREETS. Consulté en septembre 2026.

Le mouvement ne s'est pas arrêté en 2024. Sur la période la plus récente disponible, l'ADIRA, qui suit les effectifs du secteur concurrentiel alsacien à partir des données Urssaf-Acoss, publiait 122 385 postes industriels au 1er trimestre 2023, puis 117 592 au 1er trimestre 2026. À périmètre et à trimestre identiques, cela représente 4 793 postes de moins en trois ans, soit −3,9 %. Le repli s'observe également à l'échelle régionale : au 2e trimestre 2025, l'industrie du Grand Est comptait 293 529 salariés, en baisse de 1,4 % sur un an, contre −0,2 % en France métropolitaine.

Sources : [10] ADIRA, Indicateurs économiques de l'Alsace (1er trimestre 2023) et [9] ADIRA, Baromètre économique de juin 2026 (1er trimestre 2026), d'après Urssaf-Acoss ; [11] OREF Grand Est, tableau de bord de conjoncture d'octobre 2025 (2e trimestre 2025) pour le Grand Est. L'écart de 4 793 postes est calculé par nos soins à partir des deux publications de l'ADIRA. Consulté en septembre 2026.

Nous ne publions pas de série longue sur quinze ou vingt ans. Les publications alsaciennes antérieures à 2014 reposent sur des nomenclatures et des périmètres qui ne sont plus comparables aux séries actuelles, et l'Alsace a cessé d'être une région statistique en 2016. Plutôt qu'un chiffre spectaculaire mais indéfendable sur « les emplois industriels perdus depuis 2000 », nous nous en tenons à la décennie 2014-2024, documentée par une source unique et homogène.

Les six zones d'emploi alsaciennes

Au 31 décembre 2025, l'Urssaf publie les effectifs salariés du secteur privé par zone d'emploi (zonage Insee 2020, composition communale au 01/01/2026). Champ : établissements employeurs du régime général, grand secteur « GS1 Industrie » (NA88 05 à 39). L'intérim est exclu (compté à part, à l'adresse de l'agence). Les salariés relevant de la MSA (probablement certaines caves coopératives) ne sont pas dans ce champ. Les apprentis sont inclus. Jeu modifié le 29 mai 2026.

Bischwiller a l'usine Duravit.

Zinswiller a une société De Dietrich.

Zone d'emploi Salariés industriels privés (31/12/2025) Établissements Part de l'emploi privé Évolution 10 ans Source
Strasbourg39 8911 43214,8 %+2,9 %[1]
Mulhouse24 75088920,9 %−14,5 %[1]
Haguenau18 90965128,3 %−5,2 %[1]
Colmar13 70445222,3 %−3,6 %[1]
Sélestat9 19223634,9 %+9,9 %[1]
Saint-Louis5 36814226,9 %−6,6 %[1]
Six zones (somme)111 8143 80219,9 %−3,6 %[1]

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Sources : [1] Urssaf, effectifs salariés du secteur privé par zone d'emploi × NA88, jeu modifié le 29 mai 2026 ; [3] Insee, zonage en zones d'emploi 2020, géographie au 01/01/2026. Consultés le 24 septembre 2026.

Zoom Colmar : 13 704 salariés, 452 établissements

La zone d'emploi de Colmar (code 4405) regroupe 100 communes haut-rhinoises. Elle n'est ni Colmar Agglomération ni le Territoire d'industrie ANCT [5]. Au 31/12/2025 elle compte 13 704 salariés industriels privés et 452 établissements employeurs. L'industrie y pèse 22,3 % de l'emploi salarié privé (61 329 tous secteurs). Sur dix ans, l'emploi industriel recule de −3,6 % (14 216 en 2015), alors que l'emploi privé total de la zone progresse de +8,7 %. La part de l'industrie tombe de 25,2 % à 22,3 % ; le rang parmi les 27 zones du Grand Est passe de 17e à 20e. Hors champ industriel, la zone accueille aussi la centrale E.Leclerc Scapalsace, installée à Colmar, et ses deux entrepôts robotisés de Niederhergheim.

À Colmar, le papier-carton (1 619 salariés) est derrière l'agroalimentaire boissons comprises (1 912 : industries alimentaires 1 585 + fabrication de boissons 327). Les premiers secteurs sont les machines et équipements (2 899), celui des pelles et engins miniers Liebherr, l'agroalimentaire boissons comprises (1 912), la métallurgie (1 833) et le papier-carton (1 619). Machines, métallurgie et papier-carton pèsent encore 46,3 % des 13 704 si l'on compte l'alimentaire seul. Les pertes se concentrent sur l'automobile (961 → 353, −63 %), le papier-carton (−404), l'agroalimentaire (−224 boissons comprises : 2 136 → 1 912) et l'électronique (−182). Les machines (+329), la métallurgie (+266) et la pharmacie (+139) compensent en partie.

Sélestat, Mulhouse et la frontière statistique

Sélestat est la 2e zone la plus industrielle du Grand Est : 34,9 % de l'emploi privé, juste derrière Sarreguemines (37,1 %). C'est aussi la seule zone alsacienne où l'emploi industriel progresse nettement : +9,9 % en dix ans (8 367 → 9 192). Elle comprend Benfeld et le Val d'Argent haut-rhinois (Lièpvre, Sainte-Marie-aux-Mines). L'usine Paul Hartmann à Lièpvre fabrique des dispositifs médicaux, et son siège est à Châtenois. La zone compte aussi Amcor Flexibles à Sélestat.

La chute alsacienne se joue surtout à Mulhouse : −4 182 salariés industriels en dix ans, dont 2 962 dans l'automobile (7 623 → 4 661), le secteur de l'usine Stellantis de Mulhouse, soit 71 % de sa baisse. Strasbourg gagne 1 131 salariés sur la même période. Le détail des usines derrière ces bassins figure sur la page filières industrielles d'Alsace.

Saverne n'est pas en Alsace pour la statistique par zone d'emploi. Soixante-dix communes du Bas-Rhin, dont Saverne, fief du fabricant de machines agricoles Kuhn, sont rattachées aux zones lorraines de Sarrebourg et de Sarreguemines. L'écart entre le total départemental Urssaf 67+68 (118 290, [2]) et la somme des six zones (111 814) est de 6 476 salariés, soit environ 6 500 postes industriels hors des six bassins « alsaciens » au sens du zonage.

Établissements de 100 salariés et plus (Sirene, tranches 2023)

Les effectifs exacts ne sont pas publiés ici : uniquement les tranches Sirene 2023 de l'établissement. Pour Liebherr, seule la tranche Sirene est reprise.

Tranche Établissement Commune NAF
1 000 – 1 999Constellium Neuf BrisachBiesheim24.42Z
1 000 – 1 999Liebherr-FranceColmar28.92Z
500 – 999Liebherr-Mining Equipment ColmarColmar28.92Z
500 – 999Ricoh Industrie FranceWettolsheim17.12Z
250 – 499The Timken CompanyColmar28.15Z
250 – 499Liebherr-Components ColmarColmar28.11Z
250 – 499Capsugel FranceColmar20.59Z
250 – 499VialisColmar35.23Z
250 – 499Corplex France KaysersbergKaysersberg Vignoble22.21Z
250 – 499Kaysersberg PharmaceuticalsKaysersberg Vignoble21.20Z
250 – 499Essity PLD FranceKunheim17.22Z
250 – 499DS Smith Packaging Nord-EstKunheim17.21A
250 – 499Sogefi Air & Cooling à OrbeyOrbey22.29A
250 – 499Mahle Thermal and Fluid Systems FranceRouffach29.31Z

Source [4] : Insee, répertoire Sirene (tranche d'effectif de l'établissement, millésime 2023), via API recherche-entreprises, consulté le 24 septembre 2026. S'y ajoutent 2 établissements de 200 à 249 salariés et 11 de 100 à 199 (dont deux caves coopératives en 11.02B, probablement hors champ Urssaf via la MSA). Fiches : Constellium [6], Liebherr-France.

Méthode et limites (Urssaf et Sirene)

Champ Urssaf : privé, régime général. Fonction publique hors champ. Intérim hors industrie (à Colmar : 1 704 salariés intérimaires fin 2025, toutes missions). Les salariés MSA ne sont probablement pas comptés (caves coopératives à vérifier). APE non historisé : un changement d'activité reclasse tout l'historique. Série telle que publiée par l'Urssaf en mai 2026 (apprentis inclus depuis juin 2023 ; rétropolation non vérifiée). À périmètre constant (lignes NA88 publiées les deux années), Colmar fait −4,5 % au lieu de −3,6 % : la ligne « 30 Autres matériels de transport » (124 salariés en 2025) est masquée en 2015. Secret statistique : 1 à 3 cases NA88 masquées par zone et par année, non imputées. Sirene : tranches 2023, millésime différent de l'Urssaf 2025 ; ne pas additionner les tranches comme des effectifs. L'API recherche-entreprises filtre sur la taille de l'unité légale ; le script filtre ensuite sur la tranche de l'établissement. Chiffres bruts, fin d'année. Prochain millésime Urssaf attendu vers fin mai 2027. Pour le poids régional hors bassins, voir aussi les chiffres clés de l'industrie en Alsace et l'écosystème d'accompagnement.

Quelles filières industrielles emploient le plus en Alsace ?

La décennie écoulée n'a pas produit un recul uniforme de l'industrie alsacienne : elle a opéré un tri entre filières. Le matériel de transport s'effondre dans les deux départements, les biens d'équipement progressent dans le Bas-Rhin, l'agroalimentaire se maintient. Dans le Haut-Rhin, la ligne énergie, eau et déchets recule de 9,9 % sur une période qui inclut l'arrêt définitif en 2020 des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim (ASNR). C'est cette recomposition, et non le volume global, qui explique les trajectoires opposées du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

Filière Bas-Rhin fin 2024 Évol. 10 ans Haut-Rhin fin 2024 Évol. 10 ans Évol. Grand Est
Autres produits industriels (métallurgie, chimie, plastique, papier, textile…)28 720−4,3 %23 151−3,8 %−10,2 %
Équipements électriques, informatiques ; machines19 196+8,4 %8 112−9,1 %−1,4 %
Denrées alimentaires, boissons, tabac16 142−1,0 %5 989+0,6 %+1,8 %
Matériels de transport7 031−17,7 %5 135−40,8 %−27,1 %
Cokéfaction-raffinage, industries extractives, énergie, eau, déchets5 842+9,4 %3 938−9,9 %+2,6 %
Ensemble de l'industrie76 932−1,2 %46 325−10,9 %−7,4 %

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Source [8] : DREETS Grand Est, portraits de territoires 2025 (Bas-Rhin et Haut-Rhin), d'après les estimations d'emploi de l'INSEE, de l'Urssaf et de la Dares. Évolutions entre le 4e trimestre 2014 et le 4e trimestre 2024. Nomenclature agrégée de l'INSEE : la ligne « autres produits industriels » regroupe notamment la métallurgie, la chimie, la pharmacie, le caoutchouc-plastique et le bois-papier. Consulté en septembre 2026.

Trois lectures se dégagent. D'abord, l'automobile a payé le prix fort : le Haut-Rhin, qui abrite le site Stellantis de Mulhouse, a perdu 40,8 % de ses effectifs dans le matériel de transport, 3 536 postes entre fin 2014 et fin 2024 (DREETS). Ensuite, les biens d'équipement ont sauvé le Bas-Rhin : avec 19 196 salariés et une progression de 8,4 % à contre-courant régional, la fabrication d'équipements électriques et de machines est devenue le deuxième employeur industriel du département. Enfin, l'agroalimentaire fait office d'amortisseur, stable dans les deux départements, même si la bière alsacienne a perdu à l'automne 2025 la brasserie de L'Espérance, à Schiltigheim. Le détail des sites et des entreprises derrière ces chiffres figure sur notre page filières industrielles d'Alsace. Gaggenau à Lipsheim relève des biens d'équipement.

Sur le périmètre Urssaf des zones d'emploi (2015 → 2025), la zone de Mulhouse perd quant à elle 4 182 salariés industriels, dont 71 % dans l'automobile : voir Sélestat, Mulhouse et la frontière statistique.

Pourquoi les industriels alsaciens peinent-ils à recruter ?

Le facteur limitant de l'industrie alsacienne est la disponibilité des compétences. L'enquête Besoins en main-d'œuvre 2026 de France Travail chiffre le phénomène au niveau national : l'industrie déclare 211 000 projets de recrutement, dont 48 % jugés difficiles par les employeurs, contre 43,8 % tous secteurs confondus, sur un total de 2,275 millions d'intentions. France Travail estime par ailleurs qu'à l'horizon 2035, près de 200 000 postes par an devront être pourvus dans l'industrie et la métallurgie. Le détail des métiers, volume contre rareté, causes frontalières, voies d'entrée, est sur la page métiers industriels en tension en Alsace.

Dans le Grand Est, les intentions d'embauche s'élèvent à 162 940 projets pour 2026, dont 106 672 non saisonniers, une quatrième baisse annuelle consécutive, loin des 216 480 relevées pour 2022. L'industrie représente 11 % de ces projets, et 46 % des projets régionaux sont jugés difficiles, un taux en recul de 5 points sur un an ; France Travail identifie la construction, les services aux personnes et l'industrie comme les secteurs où la tension reste la plus forte. L'Alsace totalise environ 58 000 projets d'embauche, un niveau stable par rapport à 2025.

Sources : [12] France Travail, enquête Besoins en main-d'œuvre 2026 (publiée le 21 avril 2026) pour les chiffres nationaux ; France Travail Grand Est, enquête BMO 2026, via [13] les Dernières Nouvelles d'Alsace (11 mai 2026) pour les chiffres régionaux et alsaciens. Consulté en septembre 2026.

L'intérim donne un second signal, plus brutal encore parce qu'il réagit avant l'emploi permanent. Dans le Bas-Rhin, l'intérim industriel est passé de 8 390 à 6 656 équivalents-emplois à temps plein entre 2021 et 2024, soit −20,7 %, quand le Haut-Rhin progressait de 14,2 % (de 3 443 à 3 931) et le Grand Est reculait de 4,5 %. Au 1er trimestre 2026, l'Alsace comptait 22 696 intérimaires tous secteurs confondus.

Face à cette contrainte, la filière investit dans la formation. L'UIMM Alsace, qui fédère 330 entreprises et 54 000 salariés de la métallurgie dans les deux départements pour une vingtaine de milliards d'euros de chiffre d'affaires, forme environ 1 500 apprentis par an dans quatre centres de formation. Un nouveau bâtiment est prévu à Colmar pour environ 7 millions d'euros, avec une mise en service à la rentrée 2028. À l'échelle alsacienne, tous secteurs confondus, les centres de formation d'apprentis ont accueilli 30 469 jeunes à la rentrée 2024.

Sources : [8] DREETS Grand Est, portraits de territoires 2025, d'après la Dares (intérim en équivalents-emplois à temps plein, moyennes 2021 à 2024) ; [9] ADIRA, Baromètre économique de juin 2026 (1er trimestre 2026) pour l'intérim alsacien ; [15] Les Echos (23 juin 2025) pour l'UIMM Alsace ; [7] CCI Alsace Eurométropole (rentrée 2024) pour l'apprentissage. Consulté en septembre 2026.

Ce que ces chiffres changent pour un dirigeant industriel alsacien

Une donnée n'a d'intérêt que si elle modifie une décision. Ces chiffres en modifient trois.

Premièrement, le recrutement est devenu une contrainte structurelle. Quand un projet d'embauche industriel sur deux est jugé difficile et que l'intérim industriel bas-rhinois a fondu d'un cinquième en trois ans, raisonner en « on embauchera quand la charge remontera » revient à parier sur un marché du travail qui n'existe plus. Il faut faire produire davantage à un effectif qui, au mieux, restera stable.

Deuxièmement, la trajectoire de votre filière compte plus que celle de votre territoire. Un sous-traitant du matériel de transport a vu son marché de l'emploi se contracter de 18 à 41 % en dix ans selon son département ; un fabricant de machines bas-rhinois évolue au contraire dans une filière en croissance de 8,4 %. Ces deux entreprises peuvent être voisines : elles n'ont ni les mêmes marges de manœuvre, ni les mêmes priorités d'investissement. Le diagnostic doit partir de la filière, pas du code postal.

Troisièmement, l'écart entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin démontre qu'une trajectoire n'a rien de fatal. Le Bas-Rhin n'a pas mieux résisté parce qu'il était mieux placé, mais parce que son tissu s'est déplacé vers des filières à plus forte valeur ajoutée, équipements électriques, machines, énergie. Cette bascule ne s'improvise pas : elle suppose des processus fiabilisés, des données de production exploitables et une automatisation des tâches à faible valeur ajoutée. C'est exactement le sujet de nos guides industrie 4.0 et IA & automatisation en usine, et l'enjeu des aides et financements mobilisables en 2026.

Reste la question du partenaire capable de traduire ce constat en systèmes qui tournent réellement en atelier. La page écosystème d'accompagnement distingue ce que font les structures publiques (CCI, Région, CETIM) de ce que font les prestataires privés, sans notes. Vous voulez situer votre entreprise dans ces chiffres et chiffrer un projet ? Décrivez votre situation, réponse sous 24 h.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il d'emplois industriels en Alsace ?

L'Alsace compte environ 120 000 salariés dans l'industrie. Le chiffre exact dépend du périmètre retenu : 119 700 salariés du secteur marchand selon la CCI Alsace Eurométropole (édition 2025), 123 257 salariés selon les estimations d'emploi de l'INSEE reprises par la DREETS Grand Est au 4e trimestre 2024 (somme du Bas-Rhin et du Haut-Rhin), et 117 592 salariés du secteur concurrentiel au 1er trimestre 2026 selon l'ADIRA, d'après l'Urssaf-Acoss.

Le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin est-il le plus industriel ?

Les deux, mais pas de la même façon. Le Bas-Rhin concentre le volume : 74 171 salariés de l'industrie contre 45 529 dans le Haut-Rhin. Le Haut-Rhin est en revanche plus spécialisé : l'industrie y pèse 22,2 % de l'emploi salarié marchand, contre 19,3 % dans le Bas-Rhin et 20,3 % en Alsace. Ces chiffres proviennent des Chiffres-clés 2025 de la CCI Alsace Eurométropole.

L'emploi industriel alsacien a-t-il baissé en dix ans ?

Oui, mais beaucoup moins que dans le reste du Grand Est, et de façon très inégale entre les deux départements. Entre le 4e trimestre 2014 et le 4e trimestre 2024, l'emploi salarié industriel a reculé de 1,2 % dans le Bas-Rhin et de 10,9 % dans le Haut-Rhin, contre 7,4 % dans l'ensemble du Grand Est. Source : DREETS Grand Est, portraits de territoires 2025.

Quelle filière industrielle recule le plus en Alsace ?

Le matériel de transport, de loin. Entre fin 2014 et fin 2024, ses effectifs salariés ont chuté de 17,7 % dans le Bas-Rhin et de 40,8 % dans le Haut-Rhin, contre 27,1 % dans le Grand Est. À l'inverse, la fabrication d'équipements électriques, informatiques et de machines progresse de 8,4 % dans le Bas-Rhin alors qu'elle recule partout ailleurs dans la région.

Les industriels alsaciens ont-ils du mal à recruter ?

Oui, plus que la moyenne des secteurs. Au niveau national, l'industrie déclare 211 000 projets de recrutement pour 2026, dont 48 % jugés difficiles, contre 43,8 % tous secteurs confondus. Dans le Grand Est, 46 % des projets sont jugés difficiles et l'industrie fait partie des secteurs les plus tendus. Source : France Travail, enquête Besoins en main-d'œuvre 2026.

Pourquoi les chiffres de l'emploi industriel alsacien diffèrent-ils selon les sources ?

Parce que le périmètre compté n'est pas le même. La CCI mesure le secteur marchand (119 700, édition 2025), l'ADIRA le secteur concurrentiel (117 592 au 1er trimestre 2026, d'après l'Urssaf-Acoss), l'INSEE l'emploi salarié total, fonction publique comprise, repris par la DREETS (123 257 au 4e trimestre 2024, somme du Bas-Rhin et du Haut-Rhin), et l'Urssaf open data le privé GS1 des départements 67 et 68 (118 290 au 31/12/2025). L'intérim est parfois compté à part, alors qu'une partie des intérimaires travaille en usine. Les millésimes diffèrent aussi.

Combien de salariés compte l'industrie à Colmar ?

13 704 dans la zone d'emploi de Colmar au 31/12/2025, secteur privé, intérim exclu (Urssaf).

L'industrie colmarienne recule-t-elle ?

Légèrement : −3,6 % en dix ans (−4,5 % à périmètre constant), contre −14,5 % à Mulhouse et +9,9 % à Sélestat.

Quels secteurs dominent à Colmar ?

Machines et équipements (2 899), agroalimentaire boissons comprises (1 912), métallurgie (1 833), papier-carton (1 619). L'alimentaire seul (NA88 10) compte 1 585 ; avec les boissons (NA88 11, 327) le total atteint 1 912. Le papier-carton est donc derrière l'agroalimentaire boissons comprises.